La conscience peut-elle voyager hors du corps ?

Ceux qui affirment être allés plus loin

Mon expérience reste donc, pour le moment, celle d’une recherche. Je ressens certaines sensations inhabituelles pendant mes exercices, mais je n’ai encore jamais vécu ce que je pourrais clairement identifier comme une sortie hors du corps. Pourtant, en poursuivant mes recherches, j’ai découvert des personnes qui racontent une expérience très différente de la mienne. Certaines affirment parvenir à provoquer volontairement des expériences hors du corps et consacrent depuis des années une partie de leur travail à l’étude, à la pratique ou à la transmission de techniques liées à ces états de conscience.

Parmi les personnes francophones que j’ai découvertes au cours de cette exploration figure notamment Marc Auburn, auteur et conférencier qui s’est exprimé à de nombreuses reprises sur le voyage astral et les expériences hors du corps. Son témoignage m’intéresse précisément parce qu’il soulève une question directement liée à mes propres tentatives : qu’est-ce qui différencie une personne qui cherche encore à provoquer cette expérience d’une personne qui affirme avoir appris à la reproduire ?

Et surtout, que peut-on apprendre de ces récits sans pour autant considérer automatiquement leur interprétation comme une vérité établie ?

Marc Auburn : le témoignage d’un « voyageur de la conscience »

En France, l’un des noms que l’on rencontre rapidement lorsque l’on s’intéresse aux sorties hors du corps est celui de Marc Auburn.

Son parcours présente d’ailleurs un lien intéressant avec ce que nous avons découvert précédemment. Avant de développer ses propres récits et enseignements, Marc Auburn s’est notamment formé aux méthodes de l’Institut Monroe ainsi qu’à celles de l’IAC (International Academy of Consciousness). Il est présenté comme un ancien cadre supérieur et dirigeant de PME ayant progressivement consacré une partie importante de son parcours à l’exploration de la conscience.

En 2013 paraît son ouvrage 0,001 % – L’expérience de la réalité. Le livre rassemble notamment ses récits personnels concernant les sorties hors du corps et ce qu’il interprète comme l’exploration d’autres réalités. La Bibliothèque Numérique Francophone Accessible classe d’ailleurs l’ouvrage parmi les récits personnels consacrés au voyage astral.

Des sorties décrites comme parfaitement conscientes

Marc Auburn ne présente pas ses expériences comme de simples rêves.

Dans ses récits, il affirme conserver sa conscience pendant ce qu’il considère comme une séparation du corps physique. Il décrit des sensations de déplacement, de vol et de liberté, ainsi que l’exploration d’environnements qu’il interprète comme extérieurs au monde physique ordinaire. Certains de ses récits vont beaucoup plus loin et évoquent ce qu’il considère comme d’autres dimensions ou « plans ».

Dans une interview réalisée en 2016 par Tistrya Productions, il raconte également avoir rencontré des êtres au cours de ces expériences et développe sa propre conception de la conscience et de la réalité.

Pour quelqu’un comme moi, qui essaie encore d’atteindre volontairement cet état, de tels témoignages sont forcément intrigants.

Comment une personne peut-elle affirmer parvenir à sortir consciemment de son corps alors qu’une autre, malgré la relaxation, l’immobilité et différentes techniques, n’y arrive pas ?

Une interprétation qui va beaucoup plus loin que l’expérience elle-même

Il faut cependant distinguer deux choses.

Le témoignage de Marc Auburn constitue le récit de ce qu’il dit avoir personnellement vécu. Son interprétation de ces expériences constitue une étape supplémentaire.

Marc Auburn considère notamment le voyage astral comme un déplacement hors du corps vers d’autres dimensions. Sur son propre site, il présente explicitement ces autres « plans » comme des réalités pouvant être explorées par la conscience. C’est une conception fascinante, mais elle ne doit pas être présentée comme un fait scientifiquement démontré.

On retrouve ici exactement la question qui accompagne cette enquête depuis le début : l’expérience hors du corps nous permet-elle véritablement d’accéder à quelque chose situé au-delà du cerveau, ou le cerveau est-il capable de produire une expérience intérieure tellement réaliste qu’elle donne la conviction d’avoir quitté son corps ?

Pour l’instant, je préfère laisser cette question ouverte.

Quand le témoignage donne envie d’essayer soi-même

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles les récits de personnes comme Marc Auburn ont retenu mon attention.

Il existe même des témoignages de personnes déclarant avoir découvert les sorties hors du corps grâce à son travail. Le Groupe des Expérienceurs de la Conscience a par exemple publié le récit d’une femme expliquant avoir découvert son livre en 2013, assisté ensuite à l’une de ses conférences et commencé à s’entraîner avant ce qu’elle considère comme sa première sortie hors du corps induite. Il s’agit là encore d’un témoignage, et non d’une démonstration scientifique, mais il montre l’influence que peuvent avoir ces récits sur ceux qui souhaitent expérimenter le phénomène.

Et c’est précisément ce qui m’intéresse : ne pas simplement croire ou ne pas croire, mais essayer de comprendre ce que vivent réellement les personnes qui rapportent ces expériences.

J’ai voulu lui poser directement mes questions

À force d’écouter et de lire les témoignages de personnes affirmant pratiquer régulièrement les sorties hors du corps, une question finit naturellement par se poser : que conseilleraient-elles à quelqu’un qui essaie réellement d’y parvenir, mais qui reste bloqué au stade des premières sensations ?

C’est dans cette démarche que j’ai essayé de contacter personnellement Marc Auburn.

Mon intention n’était pas de remettre en cause ses expériences ni de chercher à lui démontrer qu’il avait tort. Au contraire, puisque j’essayais moi-même différentes techniques et que certaines questions restaient sans réponse, j’espérais pouvoir bénéficier du regard de quelqu’un affirmant connaître beaucoup mieux ce phénomène que moi.

Je voulais notamment comprendre ce qui pouvait m’empêcher d’aller plus loin. Les sensations de légèreté et les picotements que je ressentais avaient-ils une importance ? Fallait-il simplement davantage de pratique ? Et surtout, comment dépasser les appréhensions qui peuvent apparaître lorsqu’on commence réellement à envisager l’idée de perdre momentanément ses repères corporels ?

J’ai donc tenté d’entrer en contact avec lui pour lui poser certaines de ces questions. Je n’ai malheureusement pas obtenu de réponse.

Je l’ai personnellement trouvé décevant, car ma démarche était sincère et directement liée au sujet qu’il aborde publiquement. Cela ne permet cependant pas de savoir pourquoi mon message est resté sans réponse. Une personne exposée publiquement peut recevoir de nombreuses sollicitations et je ne peux donc pas tirer de conclusion sur ses intentions à partir de cette seule expérience.

Cela ne remet pas non plus automatiquement en cause ses témoignages sur les sorties hors du corps. La question de la disponibilité d’une personne et celle de la véracité des phénomènes qu’elle raconte sont deux choses différentes. Mais cette absence de réponse m’a poussé à poursuivre mes recherches ailleurs.

Et c’est ainsi que je me suis intéressé à une autre personne qui consacre depuis longtemps une grande partie de son travail aux expériences hors du corps : Nanci Trivellato.

Nanci Trivellato : étudier l’expérience plutôt que simplement y croire

En poursuivant mes recherches sur les expériences hors du corps, j’ai découvert le travail de Nanci Trivellato, chercheuse, auteure et enseignante brésilienne consacrant depuis plusieurs décennies une grande partie de son activité à l’étude de la conscience et des expériences dites non ordinaires.

Son parcours est assez différent de l’image que l’on pourrait spontanément associer au voyage astral. Avant de se consacrer à ce domaine, elle a suivi des études de langues et de littérature et travaillé plusieurs années dans de grandes entreprises, notamment IBM et Singer. Elle a ensuite obtenu au Royaume-Uni un master en méthodes de recherche en psychologie. Elle est également membre fondatrice de l’International Academy of Consciousness (IAC) et de l’Institute of Applied Consciousness Technologies.

Selon son propre récit, son intérêt pour le sujet ne vient cependant pas uniquement de recherches théoriques. Elle affirme avoir connu dès sa jeunesse des expériences hors du corps ainsi que d’autres phénomènes qu’elle qualifie de non ordinaires. Ces expériences l’auraient progressivement conduite à vouloir étudier le phénomène plutôt que simplement l’accepter comme une croyance.

L’étrange « état vibratoire »

Un aspect de son travail m’a particulièrement intéressé au regard de mes propres tentatives : l’état vibratoire.

Nous l’avons déjà rencontré avec Robert Monroe. Certaines personnes racontent ressentir, à proximité d’une expérience hors du corps, une impression très intense de vibration, d’électricité ou de mouvement parcourant l’ensemble du corps.

Nanci Trivellato a consacré une partie importante de son travail à ce phénomène. Elle a notamment publié une étude reposant sur différentes approches et sur un questionnaire international ; dans cet échantillon, certaines personnes déclarant avoir connu spontanément cet état l’associaient effectivement à leurs expériences hors du corps.

Elle a également développé et enseigné une méthode appelée V.E.L.O, pour Voluntary Energetic Longitudinal Oscillation. Elle consiste, dans son modèle, à déplacer mentalement ce qu’elle considère comme une énergie interne suivant un mouvement longitudinal, notamment de la tête vers les pieds puis dans le sens inverse, afin de favoriser l’apparition de cet état vibratoire.

Il faut néanmoins conserver ici la même prudence que tout au long de notre enquête : l’existence subjective de sensations vibratoires peut être étudiée ; leur interprétation comme circulation d’une énergie indépendante des mécanismes connus du corps constitue une hypothèse supplémentaire.

Les travaux de Trivellato sont donc particulièrement intéressants pour notre sujet non parce qu’ils résoudraient définitivement le mystère, mais parce qu’ils tentent de décrire et de classifier une expérience que de nombreuses personnes disent ressentir.

Une approche qui m’a particulièrement interpellé

Son parcours a forcément retenu mon attention. Au cours de mes propres exercices, j’ai moi-même commencé à remarquer des picotements, une grande sensation de légèreté et une perception différente de mon corps lorsque je reste longtemps immobile et profondément concentré.

Je ne sais pas si ces sensations correspondent à ce que Nanci Trivellato appelle un état vibratoire. Et je ne veux justement pas l’affirmer sans en savoir davantage. Mais la ressemblance entre certains éléments décrits dans ces témoignages et ce que je commence personnellement à ressentir m’a donné envie de lui poser directement la question.

D’autant plus qu’une autre interrogation demeure pour moi beaucoup plus difficile : la peur.

Si je parvenais réellement à aller plus loin, que se passerait-il ? Certaines personnes racontent des expériences extrêmement positives tandis que d’autres interprètent certaines perceptions comme des présences ou des « entités ». Nanci Trivellato aborde elle-même ce type de récits dans ses travaux et ses contenus.

Mais là encore, le fait qu’une personne perçoive une présence au cours d’un état inhabituel de conscience ne suffit pas à démontrer qu’une entité extérieure était effectivement présente. Et cette incertitude est précisément à l’origine d’une partie de ma peur.

Cette fois, j’ai décidé de poser la question

Après avoir tenté sans succès d’obtenir des réponses auprès de Marc Auburn, j’ai donc décidé de poursuivre ma démarche.

J’ai récemment écrit directement à Nanci Trivellato.

Je lui ai expliqué que j’explorais moi-même la conscience et que j’essayais depuis quelque temps de provoquer une expérience hors du corps. Je lui ai également parlé de ma peur de ce que je pourrais éventuellement rencontrer, mais surtout d’une conséquence beaucoup plus concrète : à force de vouloir réussir l’expérience le soir, mes tentatives ont commencé à perturber mon sommeil.

Je lui ai donc posé deux questions qui résument finalement assez bien l’étape où j’en suis aujourd’hui :

La peur peut-elle empêcher une expérience hors du corps ? Et faut-il savoir arrêter temporairement ses tentatives lorsque l’envie de réussir commence à empêcher de dormir normalement ?

Au moment où j’écris ces lignes, j’attends encore sa réponse. Et finalement, cette attente constitue peut-être une bonne manière de terminer mon exploration personnelle dans cet article. Car après Robert Monroe, Hemi-Sync, les témoignages de Marc Auburn, les travaux de Nanci Trivellato et mes propres tentatives, je me retrouve toujours face à la question qui était présente au commencement : qu’est réellement la conscience, et peut-elle exister indépendamment de notre corps ?

Pour aller plus loin : les travaux et témoignages présentés par Nancy Trivellato peuvent être consultés sur son site officiel.

Spiritualité et sentiment d’enfermement

Pourquoi certaines rencontres, certains noms ou certains événements prennent-ils une signification particulière dans notre existence ? Et que se passe-t-il lorsque ces coïncidences nous rappellent précisément ce que nous cherchons à laisser derrière nous ?

Ces coïncidences qui ne nous laissent pas indifférents

Il arrive parfois qu’un simple détail du quotidien réveille des souvenirs ou des interrogations profondes. Un nom aperçu sur un camion, une phrase entendue au hasard, une rencontre inattendue… Des événements qui pourraient sembler ordinaires aux yeux de certaines personnes, mais qui prennent une tout autre dimension pour celui qui les vit.

Depuis plusieurs années, je remarque certaines coïncidences qui m’interpellent particulièrement. Récemment, lors de déplacements à Haguenau, j’ai croisé des camions portant un nom de famille que j’associe à une personne de mon environnement professionnel avec laquelle mes relations sont difficiles.

Ce qui pourrait sembler anodin pour quelqu’un d’autre provoque chez moi un sentiment désagréable. Pourquoi ce nom précisément ? Pourquoi à ce moment de ma vie ? Et surtout, pourquoi certaines coïncidences semblent-elles se répéter ?

Quand le passé donne une autre dimension au présent

Cette expérience me rappelle une période où je travaillais dans une entreprise extérieure à mon établissement actuel. Vers la fin de cette expérience professionnelle, j’avais commencé à remarquer des véhicules portant des noms qui évoquaient mon environnement précédent.

Par la suite, je suis effectivement retourné dans cet environnement professionnel que j’espérais pourtant quitter. Avec le recul, ces observations ont pris une signification particulière à mes yeux.

Étaient-elles de simples coïncidences ? Des intuitions ? Ou des événements auxquels mon histoire personnelle a donné davantage d’importance ? Je ne prétends pas disposer d’une réponse universelle. Mais une chose est certaine : le ressenti provoqué par ces expériences est bien réel.

La spiritualité et les limites de nos explications

Pour certaines personnes, la méditation et l’ouverture à soi-même permettent de développer une sensibilité particulière à leur environnement. Elles peuvent alors percevoir certaines coïncidences comme des synchronicités, c’est-à-dire des événements auxquels elles attribuent un lien de sens, même lorsqu’aucun lien de cause à effet n’est établi.

D’un point de vue psychologique, notre attention et notre mémoire peuvent également contribuer à rendre certains événements particulièrement marquants. Ces différentes manières d’aborder une expérience ne doivent pas empêcher le dialogue. La science cherche à comprendre les mécanismes observables. La spiritualité peut, quant à elle, constituer une manière personnelle de réfléchir au sens de son existence.

Toutefois, une expérience inexpliquée ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’un phénomène surnaturel. Entre certitude et rejet systématique, il reste une place pour la curiosité et le questionnement.

Quand le véritable problème est ailleurs

Mais derrière ces coïncidences se cache parfois une réalité beaucoup plus concrète. Celle de se sentir enfermé dans une situation professionnelle que l’on ne souhaite plus vivre. Pour une personne accompagnée dans un établissement ou service d’accompagnement par le travail (ESAT), le désir d’accéder à davantage d’autonomie peut être particulièrement important.

Il ne s’agit pas nécessairement de rejeter tout accompagnement, mais de vouloir pouvoir choisir son avenir. Travailler ailleurs, découvrir un autre environnement, développer ses projets personnels ou simplement retrouver le sentiment de décider de sa propre existence.

Et lorsque des expériences passées ont déjà conduit à un retour dans une situation non souhaitée, la peur que cela se reproduise peut devenir pesante.

Le plus difficile n’est pas toujours d’être dans une situation que l’on souhaite quitter. C’est parfois de craindre de ne jamais pouvoir en sortir.

Les coïncidences ne devraient pas décider de notre avenir

Qu’on leur attribue une signification spirituelle ou qu’on les considère comme des événements ordinaires, les coïncidences peuvent susciter des émotions profondes. Mais elles ne doivent pas nous faire oublier une question essentielle : quelle place accordons-nous à notre propre capacité d’agir ?

Un nom aperçu sur un véhicule ne constitue pas une décision administrative, un contrat professionnel ou une condamnation à rester dans une situation donnée.

Notre avenir dépend aussi de possibilités concrètes, de démarches, de rencontres, de décisions et parfois de changements que nous n’imaginons pas encore. Cela ne signifie pas que tout est facile, ni que les obstacles disparaissent simplement parce que nous souhaitons avancer. Mais notre situation actuelle ne devrait jamais être confondue avec une destinée immuable.

Et vous, avez-vous déjà vécu ce genre de coïncidences ?

Avez-vous déjà remarqué des événements qui semblaient faire écho à votre histoire personnelle ? Les avez-vous interprétés comme des intuitions, des synchronicités ou de simples hasards ? Et surtout, vous est-il déjà arrivé de ressentir cette impression d’être bloqué dans une situation, alors que vous aspiriez profondément à autre chose ?

Vos expériences et vos réflexions ont leur place dans les commentaires.

Observateur de la Vie et la Science.

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